06.11.2025, 13:54
Chers signataires de la pétition,
Nous vous informons de la réponse de la Directrice de l'Institut Pasteur, Pr Yasmine Belkaid, à notre pétition. Par cette initiative, nous avions demandé à la direction de l'Institut Pasteur de nous rencontrer afin de discuter de la fin des collaborations entre l'Institut Pasteur et les institutions israéliennes. Cette action vise à exercer une pression directe sur l'État d'Israël, qui commet actuellement un génocide contre la population palestinienne.
Nos demandes n'ont pas été prises en compte et nous n'avons pas été reçus par la direction pour discuter de ce sujet. Nous vous communiquons ci-dessous la réponse exacte à notre demande. En résumé, la Direction de l'Institut Pasteur choisit de ne prendre aucune position claire, même après le rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, qui declare officiellement les actions d'Israël comme un génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza.
Cette situation continue de placer notre Institut et son personnel en position de complicité, que nous ne pouvons accepter. Nous avons rassemblé davantage de personnes afin de constituer un groupe plus nombreux pour réitérer nos revendications et mener des actions sur le campus.
Face à l'inaction et au la négligence de la Direction envers nos appels et revendications, nous vous invitons à nous rejoindre pour une manifestation le 20 novembre afin d'exprimer notre désaccord avec le silence et la complicité de l'Institut Pasteur. Il est impératif de mettre fin aux collaborations entre l'Institut et les institutions israéliennes.
Nous invitons vivement toute personne souhaitant se joindre à nous pour organiser cette manifestation à nous contacter via la plateforme : www.openpetition.eu/fr/petition/kontakt/demandons-larret-des-collaborations-de-linstitut-pasteur-avec-israel-stop-complicite
Nous vous remercions sincèrement de votre soutien !
Réponse de Yasmine Belkaid, Directrice de l'Institut Pasteur:
"Madame, Monsieur,
Je réponds au nom de la direction à votre courrier relatif à la situation géopolitique au Proche-Orient.
Comme vous, nous sommes profondément bouleversés par la situation humanitaire dramatique infligée à la population palestinienne, en particulier dans la bande de Gaza. Les souffrances des civils et les pertes humaines massives, en particulier parmi les femmes et les enfants, sont insupportables. Elles heurtent chacune et chacun d’entre nous en tant que citoyen(ne) du monde, et tout simplement en tant qu’être humain.
L’Institut Pasteur est une institution dédiée à la recherche scientifique, à la santé publique et à la formation. Dans un monde en proie à la fragmentation, voire à la confrontation, il est essentiel de défendre les valeurs de la science, de préserver les ponts entre les peuples, et de maintenir les espaces de coopération intellectuelle et humaine. Les collaborations scientifiques, lorsqu’elles sont fondées sur le respect mutuel et l’éthique, sont plus que jamais nécessaires pour faire face aux défis globaux et pour porter un message de paix et de progrès commun. C’est aussi pour protéger sa mission scientifique que notre Institut, comme l’ensemble des institutions scientifiques, ne prend pas dans le débat public de position politique sans rapport avec sa vocation scientifique.
Dans ce contexte douloureux, je tiens à souligner que les chercheuses et chercheurs israélien(ne)s engagé(e)s dans les collaborations scientifiques avec les équipes de l’Institut Pasteur ne sont en aucun cas responsables des actions politiques ou militaires de leur gouvernement. Beaucoup d’entre eux, parfois au péril de leur sécurité, expriment leur opposition à la guerre et leur soutien aux droits humains.
Fidèle à sa tradition humaniste et à l’engagement international de l’institut, nous poursuivons l’instruction de plusieurs projets scientifiques et de santé publique pouvant répondre aux défis de santé globale que le monde connaît actuellement. Les échanges qui se tiennent actuellement entre notre CIBU et les acteurs de santé publique au Liban en sont un parfait exemple. De même, s’ils identifient une possibilité d’accueil d’un scientifique de la région, les PI de l’institut peuvent répondre à l’appel à candidatures du programme PAUSE, dont l’Institut Pasteur a déjà bénéficié pour accueillir des chercheurs ukrainiens.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.
Pr. Yasmine Belkaid"