Region: Paris
Dialog

Pour baisser les prix des consommations à la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Petition richtet sich an:
Direction de la BnF

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  1. Gestartet November 2025
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  3. Eingereicht
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  5. Entscheidung

Neuigkeiten

02.09.2026, 07:41

Grâce à votre soutien, un troupeau décidé de 3 brebis est allé le 26 à la rencontre de la direction pour évoquer les questions de restauration et précarité au sein de toute la BnF. Accompagnées de la représentante élue des usager·ère·s de la BnF, Dominique Dupart, nous avons discuté pendant plus d’une heures avec Philippe Lonné, directeur général, et Élisabeth Buxtorf, directrice des publics.

(Suite des deux premières parties.)

Le vert pâturage du CROUS
Pour nous la vraie solution est ailleurs. Et la direction s’est vite mis d’accord avec nous sur la nécessité de contacter le CROUS. Comme il n’y a pas de trace dans les archives d’une quelconque consultation, la direction ne saurait dire si l’établissement pourrait ou, a fortiori, souhaiterait gérer le service de restauration de la BnF. Une précision à avoir donc au plus vite !

Les retombées seraient, à première vue, fortement positives : les repas à 1€ et les offres diverses et subventionnées du CROUS permettraient aux usager·ère·s précaires de se rendre à la BnF sans que le repas ne représente pour elleux un problème. Du côté de la direction, ce serait une mesure extrêmement efficace pour son objectif de reconquête des publics : l’ouverture d’un CROUS fera sans aucun doute appel d’air envers toutes les chercheur·euse·s qui considèrent encore la BnF comme inaccessible pour ces questions pratiques.

Mangeoire solidaire
La direction estime également envisageable la concession de la prestation à des cantines solidaires ou à des ESAT (établissement et service d'accompagnement par le travail), dans une démarche liée à l’ESS (Économie Sociale et Solidaire). Nous devons reconnaître que nous n’y avions pas pensé ! C’est une initiative que nous saluons vivement et nous soutiendrions fermement cette solution dans le cas où le CROUS ne pourrait, pour une raison ou une autre, pas prendre la place de WSH.

Prochaines transhumances
Nous avons convenu, en accord avec la direction, d’une prochaine réunion en septembre : quelques rondes de consultation sont nécessaires au préalable pour faire avancer les différences solutions mentionnées. Nous prenons note du calendrier et avons fait savoir à la direction que nous restons à son entière disposition pour participer à ces consultations ou donner le sentiment des usager·ère·s sur d’autres sujets qui seraient de son ressort. 


02.09.2026, 07:40

Grâce à votre soutien, un troupeau décidé de 3 brebis est allé le 26 à la rencontre de la direction pour évoquer les questions de restauration et précarité au sein de toute la BnF. Accompagnées de la représentante élue des usager·ère·s de la BnF, Dominique Dupart, nous avons discuté pendant plus d’une heures avec Philippe Lonné, directeur général, et Élisabeth Buxtorf, directrice des publics.

(Suite de la première partie.)

La BnF manque cruellement de vaches à lait
Or, le grave contretemps que souhaiterait s’éviter la direction serait l’absence de candidats à la clôture de l’appel d’offre. La direction soutient ainsi qu’un cahier des charges trop précis, trop contraignant, qui limiterait par trop le gain économique de la prestation ne serait pas accepté par les grands acteurs du milieu.
Car dans ce domaine de prestation de restauration, la BnF fait en effet figure de petit marché, peu intéressant. Le public fréquentant les Café n’est que peu touristique, avec peu d’appétance à l’achat. Les jours de fermeture (lundi et dimanche, également samedi pour le Café des Temps), accentue la limitation du flux, déjà restreint étant donné la situation des Cafés (à l’opposé de l’entrée pour le Café des Globes, enfermé au Rez-de-Jardin pour le Café des temps). Tout cela limite sévèrement la marge économique que les prestataires peuvent espérer !
La hausse récente des prix dont nous avons pu témoigner s’expliquerait donc par la nécessité économique de faire face à la faiblesse du flux. Certes, augmenter le prix des consommations ne fera pas augmenter le flux (la direction s’accorde avec nous là-dessus) mais pour la gestion des cafés (que nous avons pu contacter) cela permet, en augmentant les marges, de sauver le bilan : la comparaison avec les chiffres délirants des antennes de Musiam à Versailles, Orsay et au Louvre devient alors un peu moins cruelle…
De fait, un groupe comme WSH, tout comme d’autres prestataires potentiels, ne cherchera pas la péréquation entre ses différents sites. Celui de la BnF devra être rentable. Selon la direction, le cahier des charges doit refléter cela sous peine, encore une fois, que personne ne réponde à l’appel d’offre —ou bien, à terme, ne respecte pas le cahier des charges. 
Enfin, les ministères de tutelle réclamant que la BnF, comme de nombreuses autres institutions publiques, développe ses ressources propres, il serait difficile de justifier d’une baisse drastique de la redevance selon la direction.

Comment paître sans se faire tondre
Alors ? Quelles solutions dans ce cas ? Est brièvement évoquée la restauration du personnel de la BnF. Dans certaines structures, comme l’EHESS, agents et usager·ère·s prennent leur repas ensemble. Mais pour la direction, la BnF se situe à une autre échelle, et ici, les deux problématiques ne peuvent être réglées ensemble. La BnF subventionne logiquement les repas de ses agents mais ne saurait le faire, surtout dans un même espace, pour ses usager·ère·s.

Nous demandons alors si cette disposition d’AOT ne peut être levée : il s’agirait de considérer que la restauration des usager·ère·s de la BnF fait partie intégrante de la mission de service public de la BnF. Un·e chercheur·euse précaire ne pourrait qualifier d’accessibles des ouvrages qui posent, en retour de leur consultation, un problème de repas ! La direction ne semble pas vouloir retenir cette solution.

Penser un cahier des charges pas trop grégaire
La direction entend mener une ronde de consultation en septembre afin de déterminer au mieux les leviers à sa disposition pour dresser un appel d’offre à la fois intéressant pour les prestataires et protecteur pour les usager·ère·s.

Plusieurs solutions fusent : pourquoi ne pas imaginer fournir davantage d’espace au prestataire (un pied de Tour, par exemple) et ainsi augmenter le flux, en formulant en contrepartie l’obligation de fournir une sélection de produits de base à prix fixes ? Tout en prenant garde à ne pas trop privatiser, la Direction entend faire entrer ici en synergie le contrat d’objectif et de performance actuellement en négociation avec l’État, et qui permettrait de réhabiliter les lieux à cet effet.

Dominique Dupart ajoute par ailleurs qu’une différenciation des gammes de plats lui semble être une première marche, minimale mais pragmatique, à défendre : certains professeurs accepteront de payer plus cher un plat bio, et la marge obtenue pourra être utilisée pour contraindre le prestataire à fournir à bas prix un plat de base.

Mais dans l’ensemble, nous doutons qu’une entreprise focalisée sur le rendement économique puisse, à quelque niveau que ce soit, être bénéfique pour les usager·ère·s. Nous prenons note de cete orientation de la Direction, et, quoi qu’il en soit, entendons être étroitement associé à la rédaction dudit cahier des charges.

À suivre dans la partie 3/3...


02.09.2026, 07:37

Grâce à votre soutien, un troupeau décidé de 3 brebis est allé le 26 à la rencontre de la direction pour évoquer les questions de restauration et précarité au sein de toute la BnF. Accompagnées de la représentante élue des usager·ère·s de la BnF, Dominique Dupart, nous avons discuté pendant plus d’une heures avec Philippe Lonné, directeur général, et Élisabeth Buxtorf, directrice des publics.

L’état du pré
Première entrée en matière : les présentations. Nous déclarons être simplement un collectif d'utilisateur·ice·s habitué·e·s de la BnF, qui se retrouvent pour déjeuner ensemble ou s’opposer avec détermination aux dégradations de leurs conditions de travail.

Nous enchaînons avec le détail de nos requêtes, éléments concrets à l’appui. 34% des étudiant·e·s sautent des repas en raison de leur précarité. 16% ont recours à l'aide alimentaire. Nous concluons sur ce qui rassemble les Brebis : la lutte contre la précarité des chercheur·e·s, qui a eu, entre autres, comme dramatique conséquence le suicide de la chercheuse précaire connue sous le nom de Marie Desbois, en mai dernier.

Nous sommes toustes d’accord pour dire que cette situation difficile exige une prise en compte par les institutions publiques des conditions matérielles du travail de recherche : ce ne sont ni des détails, ni du confort, mais une part entière de la mission de service public de la bibliothèque.

Quand on la compare à d’autres espaces de recherches, la BnF ressort sur ce point de la restauration. Par exemple avec les bibliothèques universitaires, où les cafés et autres consommations sont de façon générales beaucoup moins chères. Des témoignages des Brebis ressort que des distributeurs d’une marque identique qu’à la BnF « offrent » des cafés à 0.90c ! Pourquoi une si grande différence de gestion par les opérateurs de ces mêmes distributeurs ?

Nous demandons qu’une attention toute particulière soit apportée à la restauration des usagers et usagères de la BnF. En particulier, nous souhaiterions vivement que le CROUS soit chargé de ce service auprès des usager·ère·s, ou, à minima, des tarifs en adéquation avec la population précaire qui fréquente cette bibliothèque. 

La direction générale détaille l’affennage
À toutes ces revendications, le directeur général répond comprendre le problème actuel et voir parfaitement en quoi le prestataire actuel ne donne pas entière satisfaction. Un bref rappel est alors fait aux Brebis de la situation.

L’appel d’offre concernant la prestation de service au Café des Globes, au Café des Temps ainsi que la gestion de plusieurs distributeurs automatiques a été publié en 2014 pour une période de 10 ans. Il a été remporté par le prestataire Musiam, à l’époque filiale du groupe Ducasse, mais qui a été rachetée en 2022 par le groupe américain WSH. En 2024, la concession a été prolongée de 3 ans. À noter : Musiam propose également des offres de restaurations sur les sites du Château de Versailles, du musée du Louvre, et du musée d’Orsay.

Le directeur général poursuit son exposé : d’un point de vue juridique, l’activité de restauration à la BnF est d’ordre purement commercial et n’est pas constitutive d’un service public. Si elle l’était, la Direction serait à même de pouvoir fixer directement les tarifs, mais comme ce n’est pas le cas, elle a pour obligation d’ouvrir une procédure d’appel d’offre concurrentielle, une fois le type d’activité (la restauration) définie pour ces espaces.

Administrativement, il s’agit d’une AOT, Autorisation d’Occupation Temporaire d’un espace public par un acteur privé. Cette AOT se fait selon un cahier des charges dressé par l’institution gestionnaire de l’espace en question et présenté dans l’appel d’offre. L’occupation se fait contre le versement d’une redevance, dont une partie est indexée sur les bénéfices retirés par le prestataire par l’occupation de cet espace.

Le directeur général insiste sur le fait que cette procédure interdit à la BnF de pouvoir fixer les prix des consommations, a fortiori pour exiger leur baisse ou refuser leur hausse. Dans l’état actuel des choses, la BnF ne pourrait pas (comme elle le fait, par exemple, pour ses employé·e·s) subventionner le repas des usager·ère·s.

Cependant, le contrat de prestation arrivant à terme en mai 2027, il est prévu de publier un nouvel appel d’offre en janvier prochain —afin de laisser courir un mois de publication avant sélection des candidatures. À cette occasion, un nouveau cahier des charges sera rédigé. Et par ce biais, la direction générale admet qu’elle peut avoir une influence sur la nature de l’offre. Influence où les demandes des usager·ère·s pourront être prises en compte. 

À suivre dans la partie 2...


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