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Petición dirigida a: Tout le monde
“L’exigence passera aussi par l’exemplarité” était-il écrit dans l’édito du programme municipal pour les élections municipales de 2026 de l’actuel maire de Concarneau, Quentin Le Gaillard. Il est, depuis janvier dernier, visé par une plainte qui a été révélée par la justice cet été. Le 17 septembre, le placement du maire en garde à vue à Brest a été porté à la connaissance de la presse. Le lendemain, sa mise en examen pour viol et agression sexuelle est annoncée par la procureure de la République et relayée par la presse régionale et nationale, témoignant de l’ampleur prise par cette affaire et surtout de sa gravité.
La justice est la seule autorité en mesure d’établir la culpabilité de Quentin Le Gaillard. Nous reconnaissons pleinement la présomption d'innocence qui le protège aujourd’hui. Il convient de préciser que par cette mise en examen et aux termes de la loi pénale, la juge d’instruction a estimé qu’il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable que le Maire ait pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission d’un viol ou d’une agression sexuelle. C’est-à-dire, respectivement, à la comission d’un acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur par violence, contrainte, menace ou surprise, et/ou d’un acte sexuel non consenti commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur.
Le respect de la procédure engagée devant le tribunal et des droits de la défense, qui doit rester inconditionnel, n’empêche cependant en rien de dire que la confiance qu’un·e citoyen·ne porte à l’égard de son maire est aujourd’hui rompue, et que la situation exige qu’il se démette de ses fonctions.
Sur la seule année 2023, le Gouvernement recense 277 000 femmes victimes d’agressions sexuelles et/ou de viols ou de tentatives en France. Les statistiques démontrent que la dénonciation et la condamnation de violences sexistes et sexuelles restent un parcours éprouvant à l’issue incertaine, malgré le mouvement #MeToo et les réformes de la justice. Si le nombre de plaintes pour violences sexuelles a augmenté de près de 120 % entre 2016 et 2023, le nombre de condamnations pour infractions sexuelles avait augmenté de seulement 13 %. Cette réalité cache aussi le trop grand nombre de victimes qui, face à la menace de représailles, ou de peur de ne pas être crues par les autorités ou par leurs proches, décident de ne pas en parler ou de ne pas porter plainte.
S’étant défendu en affirmant que « son honneur sera lavé » et que les accusations portées contre lui sont une « volonté évidente de le salir », Quentin Le Gaillard a procédé à une inversion de l’accusation à laquelle nous avons déjà assisté dans de nombreuses affaires médiatisées, dans lesquelles des hommes célèbres ou puissants accusés de violences sexistes et sexuelles se déresponsabilisent et culpabilisent en retour les victimes présumées. La distance entre ce qu’il a publiquement décrit comme « un [unique] baiser sans lendemain » et la gravité des chefs d’accusation finalement retenus par la juge d’instruction semble participer du même phénomène : empêcher la parole des victimes présumées ou réelles d’exister ou d’être prise au sérieux.
Mon premier souhait est donc que nous nous efforcions toustes à être de meilleur·e·s acteurices de l’accompagnement des victimes en respectant leurs récits et leurs décisions par l’écoute, par le soutien affectif et émotionnel, et en bénéficiant de l’aide des antennes d’écoute et de soutien aux victimes, malheureusement trop peu nombreuses, trop peu financées et largement méconnues. Il n’est d’autre priorité plus centrale que de protéger les plaignantes, le cas échéant durant la durée de la procédure judiciaire et quelle qu’en soit la conclusion.
Or, le maintien de Quentin Le Gaillard dans ses fonctions en dépit de sa mise en examen participe à renforcer l’idée que dénoncer son agresseur n’est d’aucune utilité puisqu’aucune conséquence n’advient, et que l’on voit même des soutiens affluer et la parole de la victime remise en doute. L’effet pour l’ensemble des victimes de violences sexistes ou sexuelles, en Bretagne comme ailleurs en France, est dévastateur. Tous les agresseurs, eux, ne peuvent qu’y voir un énième symbole de l’impunité générale face à de tels faits. Par respect pour toutes les victimes réelles ou présumées, et quand on déclare « [porter] une grande attention aux droits des femmes et à la lutte contre les violences qui leur sont faites », et enfin quand on prétend à gouverner par « l’exemplarité », il n’y a pas d’autre option que de démissionner. C’est ma demande en citoyen, et non pas en juge.
Razones.
Cette demande est d’autant plus urgente que le refus obstiné de vouloir tirer les conséquences de la situation déteint au-delà de la lutte contre les violences faites aux femmes, à commencer par l’obstruction évidente du bon fonctionnement de la commune. L’annulation du conseil municipal du 17 septembre n’est pas anodine : elle est la démonstration de l’impossibilité pour Quentin Le Gaillard d’exercer normalement son mandat. Peut-on seulement imaginer une municipalité de près de 21 000 habitants soumise à l’agenda judiciaire imprédictible de son maire, ainsi contrainte de reporter le traitement d’affaires affectant directement la vie des Concarnoises et Concarnois ?
La mobilisation anormale des outils de communication de la ville, à savoir son site web – c’est-à-dire de l’argent public – pour se défendre dans cette affaire démontre le pouvoir de nuisance de cette affaire vis-à-vis de la bonne conduite qui devrait présider à l’avenir de notre ville. Tous les grands chantiers qui doivent occuper le nouveau conseil municipal – écoles, logement, emploi, etc. – exigent la plus grande sérénité des débats démocratiques. Notre cadre de vie commun et l’attractivité de la ville, pour le tourisme, pour les industries, ou pour toute personne qui souhaite simplement y vivre, sont en jeu. Outre sa démission, nous devons donc exiger de toustes les élu·e·s du conseil municipal la plus forte désapprobation vis-à-vis des faits qui sont reprochés à Quentin Le Gaillard, pour que cette affaire soit reléguée en dehors des affaires de la commune pour de bon, en attendant que justice passe.
Il n’est question dans cette prise de parole d'aucune manipulation politique dont certains ont éhontément accusé l’opposition et la plaignante elle-même. La rédaction de cette pétition n’est soutenue par aucun individu autre que son signataire en son nom propre, aucun parti ou mouvement politique, aucun syndicat, aucune association, et n’est motivée que par la révolte et le dégoût face à la tournure prise par les événements.
Encore une fois, la priorité demeure la protection des victimes de violences, la protection de leur parole et de leur libre expression, ainsi que la manifestation d’un soutien sincère et bienveillant. Par respect de toutes les victimes réelles ou présumées, pour la dignité des habitantes et habitants de Concarneau et de leur conseil municipal, la seule décision raisonnable est et restera la démission de Quentin Le Gaillard.
Enfin, rappelons que 3 numéros d’écoute peuvent être utiles dans des situations de violence : le 17 en cas d’urgence, le 114 pour un service de communication par SMS disponible 24h/24 et 7J/7, ainsi que le 3919, ligne d’écoute pour les femmes victimes de violence. Le planning familial est aussi une des ressources indispensables dans la lutte contre toutes les formes d’agressions sexistes, sexuelles ou LGBT-phobes qu’il convient de faire connaître et qu’il ne faut pas hésiter à consulter : à Concarneau, il se situe au 52 rue Bayard.
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Detalles de la petición
Petición iniciada:
19/09/26
Fin de la colección:
18/03/2027
Región:
Bretaña
Categoría, Tema:
Administración
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Parce qu’on sait qu’il y aura pas assez d’éléments pour le faire incriminer s’il a vraiment commis cet acte et c’est répugnant