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Petition addressed to: parlement fédéral belge
Nous, citoyen.nes Belges, avons de nombreuses craintes à propos du rachat des 7 réacteurs nucléaires des sites de Thiange et Doel par l’Etat Belge. L’opacité des démarches et informations à ce sujet nous font craindre d’être mis.e face à un fait accompli dans les mois qui viennent.
Nous estimons que cette décision relève d’une recherche de solutions immédiates et à court terme sans prise en compte des risques encourus par les belges mais aussi les habitants des pays limitrophes et les générations futures.
L’intention de cette pétition n’est pas de relancer un débat stérile de « pour ou contre le nucléaire » mais d’exprimer notre besoin de réponses claires sur les problématiques qui découlent de ce rachat.
Les points cruciaux sur lesquelles portent nos craintes et pour lesquels nous aurions besoin de réponses claires et de solution pérennes sont au nombre de 3 :
1- La vétusté du parc nucléaire
2 - la problématique de l’eau
3 - La gestion des déchets radioactifs
(explications en détail plus bas)
Nous demandons que le ministre de l’énergie mette en place une étude parallèle à celle du rachat des centrales pour mettre dans la balance, pour un même coût total, d’autres solutions :
- Quels seraient nos moyens en énergie si tout cet argent était investi dans les énergies renouvelables ?
- Dans les 17 objectifs de l’ONU pour un développement durable, le septième objectif est la transition électrique qui valorise un avenir tourné vers une électricité durable. Au vu de ce que nous avons développé sur le projet du rachat des centrales, il est tout sauf durable.
- Pourrions-nous, avec ces moyens, forcer nos industries les plus énergivores à réduire leurs besoins et leur consommation en les aidant financièrement à réaliser ces objectifs ? (sur base de plans réalistes et d’avancées concrètes et mesurables et avec sanctions pour non respect)
Reason
1 - L'état du parc
L’état du parc nucléaire belge est au cœur de toutes les inquiétudes techniques et sécuritaires liées à ce projet de rachat. Les 7 réacteurs affichent une moyenne d'âge supérieure à 40 ans. Un tel vieillissement structurel pose des défis techniques inédits et majeurs en matière de sûreté.
-> Le problème des microfissures : La cuve d'un réacteur est la seule pièce d'une centrale nucléaire qui ne peut pas être remplacée et subit des pressions et des températures extrêmes. Le risque ultime est une rupture brutale de la cuve en cas de choc thermique . Une rupture de cuve entraînerait une catastrophe majeure (fusion du cœur).
-> Le vieillissement généralisé des composants : Au-delà des cuves, c'est l'ensemble de l'infrastructure qui souffre de l'usure du temps :
- La corrosion des tuyauteries et du béton : Des problèmes de dégradation du béton ont été découverts par le passé dans les bâtiments non nucléaires de plusieurs réacteurs , entraînant de longs arrêts pour réparation. Le béton des bunkers de protection vieillit et subit les agressions climatiques.
- L'obsolescence technologique : Trouver des pièces de rechange pour des technologies conçues dans les années 1970 et 1980 devient un défi industriel. Les systèmes de contrôle-commande doivent être modernisés à grands frais pour répondre aux normes de sécurité modernes.
-> Les dangers liés au gel du démantèlement : Pour racheter le parc "en l'état" et se laisser la possibilité de relancer la production, le gouvernement a exigé la suspension des opérations de démantèlement sur les réacteurs arrêtés. Cette décision comporte des risques propres :
- Perte de compétences : Le personnel d'Electrabel/Engie spécialisé dans l'exploitation de ces réacteurs part à la retraite ou se reconvertit. Maintenir des installations à l'arrêt en "mode de veille sécurisée" sans perspective claire peut mener à une démobilisation des équipes et à des erreurs de maintenance.
- Risque d'incendie et de panne : Même à l'arrêt, le combustible usé reste stocké dans les piscines de désactivation adjacentes aux réacteurs. Ces piscines nécessitent un refroidissement électrique constant et une surveillance humaine stricte. Une défaillance prolongée de ces systèmes pourrait mener à un dénoyage des combustibles et à des rejets radioactifs.
2- Le stress hydrique
Avec le dérèglement climatique, la répétition des vagues de chaleur et des sécheresses posent d’importants problèmes avec le besoin d’eau de refroidissement pour ces vieilles centrales.
-> Le débit critique des fleuves : Si le niveau de la Meuse baisse trop, le prélèvement d'eau entre en concurrence directe avec d'autres besoins essentiels : l’approvisionnement en eau potable pour 7 millions d'habitants (en Belgique et aux Pays-Bas), la navigation commerciale et l'agriculture.
-> La surchauffe thermique : L'eau utilisée pour refroidir la centrale est rejetée plus chaude qu'à l'entrée. La loi impose des limites strictes. En période de canicule, le fleuve est déjà chaud ; y rejeter de l'eau surchauffée devient réellement problématique.
l'État belge prend la responsabilité d'un outil de production énergétique qui devient de moins en moins fiable et disponible au cœur de l'été, précisément au moment où les tensions sur la ressource en eau douce sont les plus critiques.
3 - Le traitement de la radioactivité
les coûts réels liés au démantèlement complet et à la gestion des déchets radioactifs sur un siècle pourraient s'élever entre 40 et 60 milliards d'euros, risquant de peser sur le contribuable.
-> Les cœurs de centrale : Même après l'arrêt définitif et le retrait du combustible, la structure même du cœur reste hautement radioactive par activation. L'État belge a demandé de figer les opérations de démantèlement sur les réacteurs récemment arrêtés. Techniquement, plus on attend , plus la radioactivité à l'intérieur de la cuve décroît naturellement, ce qui sécurise le travail des ouvriers. Cependant, l'État bloque le processus pour garder l'option technique d'un redémarrage ultérieur, une décision jugée risquée par de nombreux experts en raison de la fragilité des cuves déjà usées.
Le démantèlement complet d'un réacteur génère des milliers de tonnes de gravats et de structures métalliques. Environ 1 à 2 % de ces matériaux sont fortement radioactifs et nécessitent des précautions extrêmes de découpe (souvent robotisée et sous eau) et de stockage.
-> La Belgique n'a aucune solution de stockage définitif opérationnelle pour ses déchets les plus dangereux. Le plan de l'ONDRAF prévoit un stockage géologique profond (à plus de 200 mètres sous terre) dans une couche d'argile peu perméable.
Ce projet ne verra pas le jour avant 2100. Le coût de ce laboratoire souterrain et de son infrastructure est estimé à plus de 10 à 12 milliards d'euros.
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Petition details
Petition started:
08 Oct 2026
Collection ends:
04/07/2027
Region:
Belgium
Topic:
Environment