Petition is addressed to:
L'ensemble des gouvernements belges (fédéral, communautés et régions)
Tous les jours, des femmes victimes de violences cherchent les moyens de quitter leur partenaire. Aujourd’hui, elles restent livrées à elles-mêmes, souvent isolées, en situation de grande vulnérabilité, notamment économique. Un dispositif comme le « pack nouveau départ », s’il ne peut « réparer » à lui seul les violences, permettrait à tout le moins de poser certaines conditions matérielles pour que les victimes puissent entamer leur chemin de reconstruction. Nous demandons qu’une politique publique de soutien aux victimes de violences soit mise en place, pour les accompagner dans ce moment crucial du départ mais aussi sur le temps long dans leur reconstruction.
C’est la raison pour laquelle Vie Féminine plaide depuis 2023 pour une réelle politique publique de soutien à la reconstruction des victimes de violences conjugales, à travers la mise en place d’un Pack Nouveau Départ. Ce Pack, qui a fait l’objet d’un accord en Conférence Interministérielle Droits des Femmes le 23 avril 2024, doit impérativement être inscrit dans le prochain plan d’action national contre les violences, le PAN 2026-2031.
Qu’est-ce que le Pack Nouveau Départ ?
Le Pack Nouveau Départ est initialement une revendication politique de Vie Féminine. Cet outil vise à soutenir les victimes au moment où elles quittent un partenaire violent et tout au long de leur processus de reconstruction et, ainsi, à lever en partie certains freins qui empêchent les victimes de démarrer une nouvelle vie. Ce Pack comprend cinq mesures phares :
- Une aide financière d’urgence octroyée par l’Etat afin de pouvoir couvrir les premières dépenses auxquelles la victime fait face lors de son départ (garantie locative, premiers loyers, frais d’avocat, etc.). Cette aide pourrait être financée par un fonds d’aide aux victimes de violences, qui serait, entre autres, alimenté par les auteurs condamnés par la justice, et par l’Etat.
- Un accompagnement sociojuridique gratuit par des professionnel·le·s formé·e·s à la prise en charge des victimes. Des centres ambulatoires et spécialisés, où les victimes peuvent trouver toute l’aide dont elles ont besoin en un seul lieu, existent déjà. Néanmoins, ils ne couvrent pas tout le territoire et sont difficiles d’accès surtout en zone rurale.
- L’accès immédiat à une adresse de référence non-communicable à l'ex-partenaire le temps nécessaire, permettant aux victimes de rapidement délier les statuts qui les rattachent à leur ancien partenaire et faire valoir leurs droits individuels (en termes de mutuelle, chômage, fiscalité, etc.), sans être mise en danger en cas d’interception de courriers par l’ancien partenaire.
- Vingt séances gratuites avec un·e psychologue spécialisé·e, en individuel ou en groupe. Le nombre de séances revendiqué est calqué sur le nombre de séances accessibles aux victimes qui s’adressent à un centre de prise en charge des violences sexuelles.
- Une protection spécifique au travail ou dans la recherche d’emploi. Etant établi qu’au sortir d’une relation violente, la victime a besoin de temps, fait face à de nombreux traumatismes et est encore, souvent, victime de violences post-séparation, nous plaidons pour des politiques de soutien aux travailleuses victimes de violences conjugales au sein des entreprises et des services publics, ainsi que pour un statut spécifique assouplissant les exigences envers les demandeuses d’emploi et les allocataires sociales victimes de violences durant un an, les protégeant ainsi d’éventuelles sanctions.
Reason
“Elle n’a qu’à partir !”
“Si elle reste, c’est qu’elle aime ça”
“Elle revient toujours chez son mari violent : c’est qu’elle n’y est pas si mal”
Les injonctions faites aux victimes de violences conjugales, très culpabilisantes, vont, globalement, toujours dans le même sens : il “suffirait” de quitter un partenaire violent pour échapper aux violences. La réalité, largement documentée par les études scientifiques, et que nous observons sur le terrain depuis des années à Vie Féminine, est bien plus complexe. Les freins à la rupture et au départ sont nombreux : phénomène d’emprise, craintes pour sa sécurité voire pour sa vie et celle de ses enfants, dépendance économique, isolement, manque de ressources et de soutien, ... Pour celles qui franchissent ce pas, un parcours de la combattante commence, comme l’a montré notre étude publiée en 2022 sur la reconstruction des victimes.
A l’heure où les droits des femmes sont extrêmement malmenés et où leur autonomie économique est mise à mal par les multiples mesures du nouveau gouvernement fédéral Arizona, et de leurs équivalents dans les entités fédérées, les femmes victimes de violences risquent de se retrouver dans des positions de dépendance économique encore accentuées.
Alors que l’actuel plan d’action national contre les violences (le PAN 2020-2025) touche à sa fin, nous attendons des différents gouvernements de ce pays un nouveau plan d’action national pour la période 2026-2031 ambitieux, qui prenne la Convention d’Istanbul comme boussole, implique le secteur associatif féministe comme un vrai partenaire, et consacre les moyens nécessaires pour mener une réelle politique intégrée et coordonnée de lutte contre les violences machistes. Le Pack Nouveau Départ doit figurer dans ce PAN 2026-2031, comme une priorité de cette législature, engageant des budgets suffisants et les différents niveaux de pouvoir.
Pour appuyer notre campagne, Vie Féminine appelle citoyennes et citoyens, victimes ou proches de victimes, personnes solidaires, ou simplement indignées par l’ampleur des violences faites aux femmes, à signer une pétition en soutien au Pack Nouveau Départ. En date du 25 novembre 2025, journée internationale de lutte contre les violences, nous espérons avoir récolté 2600 signatures. Un chiffre qui se veut symbolique, puisqu’il fait référence aux 260 féminicides recensés en Belgique par la plateforme associative Stop Féminicide depuis sa création en 2017. En hommage à celles à qui les violences ont coûté la vie, nous pressons nos gouvernements d’agir aujourd’hui pour les (sur)vivantes !